Médicaments ou habitudes alimentaires : quels sont les traitements préconisés en cas de diabète de type 2 ?

Médicaments ou habitudes alimentaires : quels sont les traitements préconisés en cas de diabète de type 2 ?

À chaque maladie chronique son traitement adéquat. Mais qu’en est-il du diabète de type 2 ? Vous vous demandez si une alimentation équilibrée serait suffisante ? Vous craignez de devoir obligatoirement passer par des traitements médicamenteux ? Quelles que soient vos questions concernant les traitements du diabète de type 2, nous y répondons dans cet article.

Le traitement de référence du diabète de type 2 : l’amélioration des habitudes de vie 

Il faut d’abord comprendre qu’à ce jour, aucun traitement ne permet de mettre un terme au diabète de type 2. C’est une maladie chronique nécessitant un traitement en continu. Les objectifs du traitement du diabète de type 2 sont, d’une part, la stabilisation de la glycémie et une baisse de l’hémoglobine glyquée (HbA1C) et, d’autre part, la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire. La perte de poids constitue le troisième objectif inhérent à la prise en charge de ces malades chroniques, 80% des diabétiques de type 2 étant en situation d’obésité. Ces trois points fondamentaux dans le traitement du diabète de type 2 passent notamment par… l’alimentation !

Il est en effet nécessaire de modifier ses habitudes alimentaires pour tendre, à terme, vers une alimentation équilibrée. Et cela commence par une répartition adaptée des macronutriments (lipides, protides et glucides) sur les 3 repas de la journée. La modification des habitudes de consommation est souvent accompagnée d’une baisse de l’apport calorique quotidien, de l’ordre de 20%, car une perte de poids de 5 à 10% contribue à l’amélioration de la sensibilité à l’insuline, et donc à la baisse de l’hémoglobine glyquée. 

Seulement, il peut être difficile de parvenir à mettre en place par soi-même une alimentation adaptée à sa pathologie. Un accompagnement nutritionnel adéquat est donc particulièrement recommandé : vous n’avez qu’à nous demander !

Les traitements médicamenteux en plus d’une modification des habitudes de vie

Si les mesures hygiéno-diététiques sont estimées insuffisantes à 6 mois, le médecin peut alors envisager deux options : un renforcement des mesures précédemment prises ou une prescription médicamenteuse. Les médicaments prescrits pour le diabète de type 2 sont la plupart du temps administrés par voie orale lors des repas. Il existe différentes classes thérapeutiques de médicaments, administrées seules ou associées entre elles, avec des mécanismes d’action distincts :

Classe 1 : les biguanides

Les biguanides comme la metformine constituent le traitement le plus prescrit chez les diabétiques de type 2. Ils sont généralement reconnus comme les « médicaments de l’insulino-résistance » et permettent de diminuer l’insulino-résistance et la production hépatique de glucose par le foie, mais également de retarder l’absorption intestinale du glucose.

Cette classe de médicaments n’entraîne pas de prise de poids et ne provoque généralement pas d’hypoglycémie. Certains effets secondaires sont néanmoins régulièrement rapportés et d’ordre digestif : inconfort abdominal et diarrhée en tête.

Classe 2 : les sulfamides hypoglycémiants et les glinides

Tous deux font également partie des traitements récurrents en cas de diabète de type 2. Ils stimulent la sécrétion d’insuline mais leur efficacité dépend de la capacité résiduelle du pancréas à sécréter ladite hormone. Ils contribuent à l’amélioration de la glycémie pré- et post-prandiale.

L’effet secondaire le plus répandu est l’hypoglycémie, notamment chez les personnes souffrant d’insuffisance rénale ou chez les personnes âgées. Ces hypoglycémies sont souvent plus graves et plus prolongées que celles observées sous insuline. Prudence est donc de mise !

Classe 3 : les inhibiteurs de alpha-glucosidases

Ces médicaments ont pour effet de retarder l’absorption intestinale des glucides alimentaires complexes (pain, pâtes, riz, céréales…) et limitent ainsi l’hyperglycémie post-prandiale.

Cette classe de médicaments ne cause pas d’hypoglycémie. Les quelques effets secondaires relatés sont d’ordre digestif : météorisme, flatulence, diarrhée…

Classe 4 : les incrétines

Les incrétines, dont le GLP1 (glucagon-like-peptide-1) ou le glucode-dependent insulinotropic peptide (GIP), sont des peptides sécrétés respectivement par des cellules du duodénum et de l’iléon lors des repas. Néanmoins, chez les diabétiques de type 2, la sécrétion tend à diminuer en conséquence, d’où la nécessité d’injections quotidiennes chez certains diabétiques de type 2. Au sein de cette classe de médicaments, on distingue également les gliptines, ou inhibiteurs de DPP4, qui ont pour action de diminuer la dégradation des incrétines. Lesdits traitements permettent de stimuler la sécrétion d’insuline uniquement lorsque la glycémie est élevée, réduire la sécrétion de glucagon (hormone qui contrôle la fabrication du glucose par le foie) et de ralentir la vidange gastrique afin d’augmenter la sensation de satiété.

Si ces médicaments contribuent à la perte des poids, il existe des effets secondaires une nouvelle fois d’ordre digestif, comme des nausées et des vomissements lors des premières semaines de traitement.

Classe 5 : les inhibiteurs du SGLT2

Il s’agit là de l’un des traitements les plus récents du diabète de type 2, et qui agit différemment des classes de médicaments précédemment cités. En effet, leur administration vise à faciliter l’excrétion urinaire du glucose grâce à l’inhibition des SGLT2, enzymes impliqués dans la réabsorption du glucose. Donc, les inhibiteurs du SGLT2 participent à la baisse de l’hémoglobine glyquée, évitent le risque d’hypoglycémie et contribuent à la perte de poids.

À ce jour, peu d’effets secondaires ont été répertoriés hormis quelques infections génitales bénignes ou quelques cas de déshydratation chez les sujets âgés.

L’insuline

Les injections d’insuline sont souvent prescrites lorsque les mesures prises précédemment (modification des habitudes alimentaires, activité physique et traitements médicamenteux) ne suffisent pas au diabétique de type 2, dont l’hémoglobine glyquée reste supérieure ou égale à 8%. De l’insuline peut également être injectée de manière transitoire, en cas d’hyperglycémie importante, d’infection ou d’hospitalisation par exemple.

Si la dose d’insuline administrée est supérieure aux besoins, des épisodes d’hypoglycémie peuvent apparaître.

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